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Conférence :Les Munitionnettes PAR Serge BORDERIEUX
mars 21, 2025 @ 6:30 pm – 8:30 pm
Le 1er août 1914, la France mobilise près de 63 % de la population masculine active. À partir de 1915, les sphères dirigeantes pensent que la guerre peut durer. Des circulaires ministérielles incitent alors les industriels à employer des ouvrières dans leurs usines. Afin de pallier le manque de main d’œuvre dans les usines d’armement, on décide donc de faire appel aux femmes pour fabriquer des munitions, des avions ou encore des canons. Dès lors, les femmes deviennent un soutien indispensable à l’effort de guerre dans l’industrie de l’armement. Elles sont surnommées les munitionnettes. Il y en aura jusqu’à 5 200 à l’École centrale de pyrotechnie de Bourges et environ 430 000 en France.
Au-delà de s’adapter à des métiers inédits pour elles, les femmes employées dans les usines doivent composer avec des conditions éprouvantes. Travaillant souvent plus de 10h par jour, elles effectuent leur production dans des conditions d’hygiène rudimentaires et des positions inconfortables. Aussi, de nombreux accidents de travail sont constatés à cause du manque de protections.
Cette activité de munitionnette permet de soutenir le moral des soldats mais elles doivent gérer seules le quotidien et notamment les enfants. À cela il faut également ajouter des inégalités salariales criantes et des remarques sexistes. Mais malgré l’effort considérable qu’elles fournissent, décisif dans la victoire, les femmes sont priées de retourner à leur vie d’avant sitôt le conflit terminé. Cette fameuse « émancipation » n’aura été que temporaire : les femmes sont invitées à reprendre leur « devoir naturel », à savoir celui de mère et épouse.
Toutefois, l’effort de guerre fourni durant cette Grande Guerre aura au moins eu le mérite d’ouvrir les yeux à certains chefs d’entreprise, qui prennent conscience que les travailleuses sont tout aussi capables de donner satisfaction que leurs homologues masculins. Le droit de travailler sans l’accord de son mari et l’égalité salariale pour le même travail attendront, mais la Première Guerre mondiale demeure tout de même une avancée majeure dans la reconnaissance des femmes au travail.
L’association « Les Amis du Patrimoine de l’Armement de Bourges, APAB » propose de retracer le quotidien de ces femmes courageuses et résilientes.

